jeudi 27 novembre 2014

Conversion

A l'instar des concepts utilisés en pédagogie que sont le savoir, le savoir-faire et le savoir être, être partie entière d'une église (au sens étymologique - une assemblée religieuse) sous-entend, à mon sens, deux composantes fondatrices et indissociables. Voici ma vision des choses:



La bulle du bas, c'est tout ce qui façonne notre relation avec notre foi. Ce sont nos souvenirs les plus anciens, jusqu'à notre naissance, notre identité modelée par notre éducation, une manière d'être, un ensemble de comportements, une culture. C'est avoir assimilé depuis toujours que suivre Jésus, c'est tout laisser, se mettre à nu dans notre foi face à Lui. Que c'est un bonheur que de savoir se contenter de son enseignement. C'est ce qui fait que le christianisme est désintéressement, générosité, don de soi, fraternité, au delà de toute idéologie. C'est aussi ce qui pétrie traditionnellement, à mon sens, la culture française, bien que les athées s'en défendent. Et pourtant, les traditions chrétiennes diffusent dans toute notre société: la relation à l'autre, la fidélité, certaines de nos expressions, nos comportements, savoir pardonner. 
 Le christianisme: repos, paix, recueillement, prière, retraite ...
Un autre exemple concret et flagrant: dans les pays de tradition catholique, il est mal vu de parler d'argent ou d'exposer ses richesses.
Pour résumer, la bulle du bas est tout ce qui a été consciemment ou insciemment imprimé dans notre esprit.

La bulle du haut, c'est le savoir: catéchisme, lecture biblique, connaissance théologique. Il s'agit de l'intellect pure. Il nous est aussi transmis par la tradition, mais nous avons aussi le libre arbitre de décider de l'accroître. C'est une pure démarche intellectuelle et spirituelle.
Notez que les tailles des bulles sont différentes. De là à penser que je donne plus d'importance à l'une qu'à l'autre, il n'y a qu'un pas  :o)

C'est exactement là où je veux en venir. Ce qui me gêne dans la conversion religieuse, c'est qu'elle ne se passe qu'au niveau de la première bulle. Il manque à la personne qui choisit de se convertir une sérieuse histoire avec la religion choisie. Le danger très fréquent, c'est une approche (pseudo) intellectuelle, complètement déchargée de toute la culture religieuse associée à ce choix spirituel. Et c'est, en fait, le risque de passer complètement à côté du message essentiel de la foi. L'exemple le plus frappant est bien sûr celui très médiatisé des "convertis" (soit-disant) à l'islam, et qui partent rejoindre un groupe de bandits fanatisés. Que connaissent-ils véritablement de l'islam ? Nous pouvons dire la même chose de ceux qui choisissent le catholicisme. Une fois j'ai entendu, lors d'une interview télévisée, le dalaï-lama dire qu'il ne fallait jamais changer de religion, que ce que l'on recherche en vain, dans cette démarche, se trouve en fait dans nous.
Ceci signifie que la conversion devrait se faire uniquement sur un très long terme. Le temps de se "reculturiser" , d'épouser une manière de pensée, de s'imprégner d'une tradition, et d'être accompagné.
On pense bien sûr au judaïsme, religion "grande sœur du christianisme". La conversion est une démarche spirituelle de longue haleine (de une à plusieurs années).

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