J'ai terminé hier le dernier tome d'Yves Courrière, "Les Feux du Désespoir", du cycle "La Guerre d'Algérie" publié en 1971 chez Fayard. J'ai lu les quatre volumes sur plusieurs années, et ce dernier tome m'a paru le plus intéressant car il permet de comprendre nos relations contemporaines avec les Algériens et les descendants d'immigrés.
Cet épisode de l'histoire de France n'est pas assez enseigné dans nos école et mériterait d'y être mieux étudié pour comprendre notre histoire contemporaine. On se fait notre opinion généralement en lisant des articles de journaux, en entendant ici ou là des opinions presque toujours partisanes, mais on reste finalement ignorant des "Evènements". Je ne pourrai plus jamais entendre l'argument "tout n'était pas tout noir ou tout blanc". Bien sûr que si ! Il est possible, en se documentant et en réfléchissant un tant soit peu de se faire une opinion. La colonisation, tout comme le génocide, est intrinsèquement mauvaise. On nous fait part des "bienfaits" de la colonisation, mais c'est oublier que ces bienfaits sont venus très tard, trop tard, après les premiers évènements (bombardements de Sétif) et uniquement pour calmer les velléités revendicatives des autochtones; je sous-entends la période de "Pacification" (1945-1956) qui consista à souffler le chaud et le froid en même temps sur l'Algérie et son peuple. Tout en éduquant et en soignant ses enfants, on n'hésitait pas à pratiquer la répression sanglante et la torture sur ceux qui revendiquaient l'indépendance. Mais qui peut aujourd'hui encore croire que le Général de Bourmont, quand il posa son pied sur le sol algérien le 14 juin 1830 avec ses troupes, avait des intentions "civilisatrices" ?
Alors bien sûr, tous les Pieds-Noirs, nés sur cette terre d'Algérie, n'étaient pas des "salauds". L'Algérie étaient réellement leur pays, et on ne peut nier, au moment de l'exode, le déchirement et le traumatisme psychologique pour ceux qui y avaient vu le jour. Certains étaient même pour l'indépendance.
Je ne vais pas m'étendre ici sur ce sujet. En substance, je pourrais dire ceci: la Guerre d'Algérie est une période complexe, aussi complexe que le labyrinthe infini de l'âme humaine. Intrinsèquement, la colonisation est un concept mauvais: elle consiste à envahir un pays et à piller ses richesses tout en maintenant les autochtones dans une situation d'infériorité sociale et économique. Mais sur 133 ans de colonisation de l'Algérie, des millions de gens ont vu le jour, et on ne peut tous les blâmer pour le mal qui a été fait. Il reste que l'Histoire condamnera surement les responsables politiques qui ont fait fructifier les instincts de haine dans les deux camps (je songe entre autre aux massacres de certains Pieds-Noirs qui avaient choisi de rester en Algérie après l'indépendance) et qui, encore aujourd'hui, exploitent les ressentiments d'ex-colonialistes frustrés à des fins politiques (et là je vise le ministère de l'identité nationale) .
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